LE PARC NATIONAL DE LA VANOISE Au cœur des Alpes, entre les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne, à la frontière de l'Italie, plus de 50 000 hectares de montagne sont réservés aux chamois, aux marmottes et aux bouquetins. C'est le parc national de la Vanoise. Dominique Gauthier, le vétérinaire du parc, répond ci-dessous aux questions du journaliste. Journaliste: Qu'est-ce qu'un «parc national»? Dominique Gauthier: Un parc national, comme le parc de la Vanoise, est un immense espace de nature protégée. Aucun véhicule, aucune construction, aucune pollution, aucun chasseur ne vient perturber le déroulement des saisons. Le parc de la Vanoise a été le premier parc français. Il a été créé en 1963. Il était juste temps, sinon ces montagnes seraient couvertes de téléskis, et le bouquetin aurait disparu! Les 700 000 visiteurs qui viennent, chaque année, profiter de ce site exceptionnel, doivent suivre des règles très strictes. Ils n'ont pas le droit de cueillir des fleurs, de faire du feu, de chasser, d'emmener le chien, de faire du bruit… J.: Comment s'effectue la surveillance du parc? D. G.: Une trentaine de gardes résident en permanence dans le parc. Leur travail principal consiste à observer et à surveiller: ils suivent l'évolution des plantes et des animaux du parc. Ils connaissent si bien leur montagne! Ils mènent des études scientifiques, établissent des fiches. Ce sont eux, également, qui renseignent les visiteurs du parc, et leur font découvrir la nature. J.: Y a-t-il une grande variété d'animaux dans le parc? D. G.: Le parc est très riche parce qu'il abrite des paysages très variés. Dans les zones les plus basses, au-dessous de 1 500 mètres, au milieu des hêtres, des sapins et des mélèzes, on trouve une grande diversité d'oiseaux, beaucoup de renards, de blaireaux, de fouines, qui se nourrissent de lièvres et de petits rongeurs. A l'étage supérieur, les arbres cèdent la place aux buissons de rhododendrons et de myrtilles; là, ce sont les marmottes qui traversent les prairies, en poussant leur drôle de sifflement aigu. Et tout en haut, jusqu'à 3 000 mètres, c'est le royaume des chamois et des bouquetins. Plus de 4 000 chamois et 700 bouquetins vivent dans le parc. C'est aussi sur les cimes que vit l'aigle royal. J.: En quoi consiste votre travail dans le parc? D. G.: Mon rôle, dans ce parc, est surtout un rôle scientifique. En ce moment, j'étudie particulièrement les bouquetins. Les bouquetins ont été tellement chassés, depuis le Moyen Age, qu'au début du siècle, il n'y en avait plus dans les Alpes. Si on ne les avait pas protégés, ils auraient tous disparu! Les bouquetins s'adaptent de façon étonnante à des conditions de vie très difficiles. Ils peuvent ne rien manger pendant longtemps, ils digèrent tout et boivent très peu. • Dans les prairies de la Vanoise, vous pourrez admirer cette fleur de lis rose. J.: Soignez-vous les animaux malades? D. G.: Non, je n'interviens pas. Dans le monde animal, les maladies et les accidents font partie de la règle du jeu. Si un animal est trop faible pour survivre dans ce milieu très dur, il meurt. J.: Où peut-on voir les bouquetins? D. G.: Les bouquetins sont en général sur des parois rocheuses très abruptes. Pour les voir, il faut partir très tôt. Comme ils ne sont pas chassés, ils ne sont pas trop craintifs, mais ils maintiennent toujours une certaine distance avec les hommes. Lorsque j'ai repéré un groupe, j'essaie de ne pas le déranger: je m'installe avec ma longue-vue, je ne bouge plus, j'observe. Le matin, les animaux sont très actifs. Ils s'ébrouent, ils se déplacent, ils mangent. Les jeunes s'amusent, ils font des cabrioles, ils se battent. Après, quand le soleil est haut dans le ciel, ils s'installent sur une plate-forme rocheuse, et ils font la sieste, ils ruminent. J.: Et en hiver, comment fait-on pour suivre les animaux? D. G.: En hiver, c'est une véritable expédition, mais c'est encore plus féerique. Quelquefois, je monte, j'emporte mes skis, ma longue-vue, mon sac de couchage et de quoi manger pour deux ou trois jours. J.: Que conseillez-vous aux jeunes qui viennent en Vanoise? D. G.: Partez tôt, prenez des jumelles, ne vous approchez pas trop des animaux. Lorsque vous dérangez un animal, en été, pendant sa sieste, c'est sa survie au printemps prochain que vous mettez en jeu. En effet, les animaux font des réserves en été. En hiver, faute de trouver de la nourriture, ils perdent un tiers de leur poids. Si la fonte des neiges tarde un peu à venir, ils risquent de mourir. Profitez de la nature, regardez les animaux vivre. Mais attention! Respectez-les! Il ne faudrait pas que le parc de la Vanoise devienne victime de son succès. D'après TDC перевести на русский язык
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17 марта 2025 07:49
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